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JOURNÉE ECONOMIQUE 2018: SECTEUR DES ASSURANCES A L’HONNEUR

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Le mercredi 07 février 2018, s’est tenue à partir de 8h30 à Libreville, dans l’auditorium de l’immeuble Arambo, la première édition de la Journée Economique sous la présidence de  Monsieur Régis IMMONGAULT, Ministre de l’Economie, de la Prospective et de la Programmation du Développement Durable.

Cette journée, qui s’inscrit dans la volonté du Gouvernement d’instaurer un dialogue permanent avec le secteur privé, s’est tenue sous le thème « Restaurer la confiance », avec une mise en exergue du secteur des assurances compte tenu de son rôle de soutien et d’accompagnement au secteur productif.  Elle a vu la participation de plusieurs ministres, des opérateurs économiques, des représentants des partenaires au développement et des responsables de l’Administration publique.

Le programme de cette Journée s’est articulé en deux (2) temps. La matinée était consacrée aux différentes allocutions et présentations (Ministre de l’Economie, de la Prospective et de la Programmation du Développement Durable, Directeur Général de l’Economie et de la Politique Fiscale, Directrice Nationale des Assurances et Président de la Confédération Patronale Gabonaise). La visite des stands a cédé la place aux échanges, dans l’après –midi, au travers de deux panels prévus à cet effet.

Le premier panel consacré au secteur des Assurances, était modéré par M. Issofa NCHARE, Secrétaire Général de la Conférence Inter–africaine des Marchés d’Assurances (CIMA). Il était composé de quatre panélistes, à savoir :

  • Mme Prisca KOHO épouse NLEND, Directrice Nationale des Assurances ;
  • Crépin GWODOCK, Administrateur Directeur Général de la Société Commerciale Gabonaise de Réassurance (SCG-Ré) ;
  • Joël MULLER, Directeur Général d’AXA Assurances et Président de la Fédération Gabonaise des Sociétés d’Assurances (FEGASA) ;
  • Charles IMUNGA OREZANS, Directeur Général Adjoint des ACR, Représentant le Président de la Fédération Gabonaise des Courtiers d’Assurances (FGCA).

Le deuxième panel, constitué de responsables de l’Administration Publique, a abordé les aspects relatifs à la situation et aux perspectives économiques, ainsi qu’à l’environnement des affaires, avec une emphase sur le règlement de la dette et la fiscalité. Il était modéré par    M. Jean Baptiste NGOLO ALLINI, Directeur Général de l’Economie et de la Politique Fiscale et composé de trois (3) panélistes, à savoir :

  • Yannick MOKANDA, Directeur Général Adjoint des Impôts ;
  • Raymond OKONGO, Directeur Général des Douanes et des Droits Indirects ;
  • Hugues MBADINGA MADIYA, Directeur Général de la Dette.
  1. Résumés des interventions du Ministre de l’Economie, du Directeur Général de l’Economie et de la Politique Fiscale, de la Directrice Nationale des Assurances et du Président de la Confédération Patronale Gabonaise

Dans sa présentation, le Ministre en charge de l’Economie, M. Régis IMMONGAULT, a brièvement rappelé le contexte économique international de l’année 2017, marqué par:

  • l’exacerbation de la crise engendrée par l’effondrement des cours de matières premières, notamment le pétrole ;
  • la rigidité à la baisse de certaines dépenses (effet de crémaillère), ce qui a conduit à des déficits importants et à une augmentation du stock de la dette publique;
  • et l’accumulation de la dette intérieure.

C’est dans ce contexte économique régional difficile qu’une réunion des Chefs d’Etat de la zone CEMAC s’est tenue à Yaoundé en décembre 2016 en vue de mettre en œuvre des mesures vigoureuses et courageuses pour assainir les finances publiques des différentes économies sous-régionales afin de pallier l’éventuel recours à un ajustement monétaire.

Dans la même optique, le Gouvernement a élaboré, en 2017, un Programme de Relance Economique (PRE) triennal avec l’appui des partenaires au développement.

En terme de perspectives, un accent sera accordé par le Gouvernement à l’amélioration de l’environnement des affaires avec :

  • la poursuite des réformes institutionnelles par le projet de création d’une Banque Publique d’Investissement afin d’accompagner les opérateurs économiques ;
  • la poursuite du paiement de la dette intérieure ;
  • et l’accélération de la diversification de l’économie.

Abordant les aspects liés aux développements récents et les perspectives à court et moyen termes, l’exposé du Directeur Général de l’Economie et de la Politique Fiscale, M. Jean Baptiste NGOLO ALLINI, a fait ressortir que l’activité économique, en 2017, a continué de pâtir des effets liés aux contre-coups du fléchissement des cours des matières premières, avec notamment :

  • la baisse du PIB du secteur primaire en liaison avec le recul de 8,7% de la production pétrolière en dépit de la hausse de la production de manganèse (+43,7%) et de l’exploitation forestière (+8,3%) ;
  • le repli du secteur secondaire (-0,9%) en raison des contreperformances des BTP (-7,9%) et du raffinage (-20,7%).

Cette morosité a toutefois été atténuée par la consolidation du secteur tertiaire (+2,4%) du fait du dynamisme des compagnies de télécommunication (+16,4%).

A la suite de l’exposé du Directeur Général de l’Economie et de la Politique Fiscale, le Directeur National des Assurances, Madame Prisca KOHO épouse NLEND, a fait une présentation du secteur des Assurances. Ce secteur qui compte actuellement 57 opérateurs, tous segments confondus, a enregistré une contre-performance en 2016 liée à la morosité économique nationale. En effet, le chiffre d’affaires a enregistré une baisse de près de 13 milliards, à 105,6 milliards en 2016, soit une régression de 11,1%.

Parallèlement, les prestations payées en assurance non-vie ont baissé significativement, passant de 34,5 milliards de FCFA en 2015 à 30,1 milliards en 2016, soit une diminution de 12,7%. Cette situation qui entame la crédibilité des opérateurs du secteur fera l’objet d’une réflexion lors de la 2e édition des ARESA (Assises de la Régulation du Secteur des Assurances), qui se tiendra du 1er au 03 mars 2018.

Enfin, Monsieur Alain BA-OUMAR, Président de la Confédération Patronale Gabonaise a souligné le concept de confiance comme étant un élément majeur au sein d’un partenariat. Selon le représentant du Patronat, ladite confiance s’est progressivement érodée entre l’Etat et les opérateurs économiques du fait du non-paiement de la dette intérieure.

Pour ce dernier, cette confiance peut être restaurée par l’apurement de la dette due aux entreprises et l’amélioration du climat des affaires. A cet effet, il propose de réduire la parafiscalité, de réguler le secteur informel et de rendre des décisions de justice conformes à la loi. Le Président de la CPG a néanmoins terminé son propos sur une note optimiste suite à la légère reprise de la croissance portée principalement par le secteur pétrolier.

  1. Synthèse des échanges
  2. Panel 1

Modérateur : M. Issofa NCHARE, SG de la Conférence Interafricaine du Marché des Assurances

Il  a remercié les Autorités pour la tenue de cette Journée Economique, dont le thème retenu résume les challenges et les défis du secteur assurance. Il s’agit de restaurer, d’une part, la confiance entre l’Etat et les Assureurs, d’autre part, de renforcer la confiance entre les Assureurs et les Assurés. Il a, par ailleurs,  salué la mise en exergue du secteur assurance pendant cette journée.

  1. Joël MULLER, Directeur Général d’AXA, représentant la FEGASA (les Assureurs)

Il a rappelé les chiffres du marché gabonais de l’assurance en 2016.

  • La structure du marché comprend 11 compagnies d’Assurance dont 7 non-vie et 4 vie ; 37 courtiers ; 5 agents généraux et 100 producteurs libres ;
  • Le marché de l’assurance emploie 1 500 personnes dans les compagnies assurance, 500 au niveau des  courtiers, soit un total de 2 000 emplois ;
  • Le Chiffre d’Affaires s’est établi à 106 milliards en 2016 contre 118 milliards en 2015,  soit une baisse de 11%  avec une estimation de -5% en 2017;
  • Les prestations payées se sont élevées à 44 milliards de FCFA (sinistres);
  • Les commissions versées se sont établies à  38 milliards de FCFA ;
  • Les produits de placement perçus par les compagnies sont de 8 milliards de FCFA ;
  • Les marges de solvabilité se situent à  + 16 milliards de FCFA pour l’assurance non-vie  et +4 milliards pour l’assurance – vie ;
  • Les engagements (provisions techniques)  s’établissent à 72 milliards pour l’assurance-vie et 75 milliards pour l’assurance non-vie.

Il a évoqué les forces et faiblesses du secteur de l’assurance.

S’agissant des forces, il a  rappelé que :

  • malgré la baisse de son Chiffre d’Affaires, le marché gabonais des Assurances occupe le 4e rang sur 14 pays de la zone CIMA (Afrique subsaharienne) après la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Cameroun ;
  • le marché gabonais demeure rentable malgré un résultat net enregistré en 2016 de -1 milliards de FCFA;
  • les tarifications automobiles se sont améliorées après l’adoption du tarif automobile transitoire résultant des conclusions des ARESA 2017;
  • le marché espère diversifier ses instruments financiers suite à la fusion entre la BVMAC et la Bourse de Yaoundé.

Concernant les faiblesses, il a exprimé ses préoccupations sur :

  • la faiblesse d’infrastructures industrielles ;
  • la lenteur des traitements de dossiers de litiges et la partialité de certaines décisions de justice ;
  • la mauvaise image des assureurs à cause du non-paiement des sinistres.
  1. Charles IMUNGA OREZANS, Directeur Adjoint des ACR (représentant des courtiers)

Il a rappelé qu’à ce jour, il existe 37 courtiers dans la Fédération Gabonaise des Courtiers d’Assurance (FGCA), et que cette dernière est affiliée à la Fédération Internationale des Assureurs Conseil (FIAC). La branche de courtage représente 80% du Chiffre d’Affaires des Assureurs.

Il a réaffirmé que le courtier apporte une valeur ajoutée à ce secteur en effectuant l’analyse du risque avec les assureurs et en allant vers l’assureur pour régler le sinistre.

En général, les courtiers n’ont pas vocation à payer les sinistres. Toutefois, certains courtiers gèrent les polices d’assurance-maladie et les payent pour le compte de l’assureur. Il a également souligné les difficultés rencontrées  dans cette branche : le problème de sous-assurance qui peut influencer la solvabilité des entreprises d’assurance et la non-assurance qui constitue un frein pour le règlement du sinistre. Enfin, il a annoncé la digitalisation imminente de certains produits.

Dr. Crépin GWODOCK, ADG de la Société Commerciale Gabonaise de Réassurance (SCG- Ré)

Il a, quant à lui, rappelé que :

  • le réassureur est l’assureur de la compagnie d’assurance et apporte plus de sécurité à l’assureur qui, lui, apporte plus de sécurité à son client ;
  • la SCG-Ré a été mise en place en 2012 et il existe, depuis 2017, un 2ème opérateur sur le marché : ONE – Ré ;
  • la contribution des assureurs au PIB s’élève à environ 1,5% actuellement, il souhaite atteindre 2,5% à moyen terme, et 5% à plus long terme;
  • les primes collectées sont mises à la disposition des opérateurs économiques qui ont besoin de financement.

Il a souligné que le secteur de la réassurance peut accompagner l’Etat dans les domaines de l’habitat, de l’employabilité des jeunes, des PME-PMI, des activités génératrices de revenus et de la santé.

Par la suite, il a relevé :

  • la nécessité de sécuriser les investissements nationaux afin de rassurer les investisseurs étrangers ;
  • le fait que la réassurance permet de sécuriser les investissements des particuliers (assurance-auto), les investissements commerciaux (Bernabé Gabon) et industriels (ZES de Nkok) ;
  • que la confiance se base sur le fait de tenir nos engagements à temps et dans le temps.

En perspectives, il a souhaité que la réglementation en matière d’assurance soit mieux adaptée et que les polices d’assurance-maladie s’orientent vers les maladies des personnes âgées.

Mme Prisca KOHO épouse NLEND, Directeur National des Assurances 

Elle a rappelé que la Direction Nationale des Assurances, en tant que régulateur, assure une meilleure visibilité du secteur et une surveillance du marché.

Elle a décliné certaines perspectives, à savoir la mise en place du Fonds de garantie automobile (entité sociale) pour une meilleure visibilité du secteur et une prise en charge des personnes sinistrées (victimes d’accidents de la circulation par le fait d’inconnus ou de personnes non assurées), la création de produits disponibles pour toutes les couches de la société, le respect de la réglementation en vigueur et la mise en place de produits d’assurance pour accompagner les PME.

L’intervention des panélistes a été suivie d’échanges avec les opérateurs économiques. Il en ressort diverses préoccupations. Ces dernières se focalisent préalablement sur les risques liés à la défectuosité des infrastructures routières qui n’est pas prise en compte par les assurances, et ceux liés à l’environnement.

Ensuite, l’assistance a non seulement évoqué le problème de standardisation des produits d’assurance et de déficit de communication y afférent (l’absence de vulgarisation d’indicateurs sur les remboursements des assurés, des contenus des produits d’assurance lors d’octroi de crédits bancaires, etc.), mais aussi la nécessité d’élargir l’offre d’assurance aux couches d’opérateurs économiques à faibles revenus, notamment les agriculteurs et les pêcheurs.

Dans le souci de répondre au besoin en ressources humaines du secteur des assurances, il existe, sur le plan national, un Centre Professionnel de Formation à l’Assurance (CPFA) qui est  une unité pédagogique décentralisée de l’Institut International des Assurances de Yaoundé.

En outre, la problématique d’adoption d’une nouvelle loi sociale portant sur la retraite a été abordée. Celle-ci donne aux organismes publics la possibilité de pratiquer la gestion de la retraite par capitalisation, jadis exclusivement dévolue aux assureurs privés. A ce propos, l’ADG de la SCG-Ré a suggéré une rencontre avec le Ministre en charge de l’Economie et celui en charge de la Protection Sociale pour en discuter.

Par ailleurs, il a été déploré l’absence des structures publiques d’assurances (CNSS et CNAMGS) et des assurés.

En réponse aux différentes préoccupations, les panélistes ont tenu à rassurer l’assistance sur leur volonté d’adapter leurs produits à l’évolution de l’environnement socioéconomique par l’intensification des campagnes de sensibilisation et de vulgarisation. En outre, les indicateurs sur le paiement des sinistres, tels que le ratio S/P (sinistres à primes), devraient être plus accessibles au public.

  1. PANEL 2

A l’entame des échanges, Monsieur Jean-Baptiste NGOLO ALLINI a rappelé l’importance de la notion de confiance pour tout investisseur. Ce caractère a guidé le choix du thème de la journée qui est « Restaurer la Confiance ». Il a ensuite exhorté les opérateurs économiques et l’Administration à saisir les opportunités qu’offre l’amélioration de l’environnement économique international en vue de relancer l’économie nationale.

A ce propos, et afin d’édifier l’assistance sur la politique mise en œuvre par l’Administration, il a invité ses collègues panélistes à décliner les axes des mesures d’accompagnement initiées par les différentes administrations dont ils ont la charge, mais surtout le volume de la dette réglée en 2017.

Il ressort de l’échange avec les responsables de l’Administration que des mesures d’accompagnement ont été prises quant à la régularisation fiscale sans pénalités pour  les opérateurs économiques. De même, des avantages fiscaux sont accordés par l’Etat, notamment dans le secteur touristique. Ces avantages ont été effectifs lors de la création des complexes Dounia Parc, Hôtel Boulevard, etc.

Au niveau de la fiscalité de porte, les principaux chantiers concernent l’équité fiscale, la facilitation des procédures par la création de postes proches des centres d’activité (ZES de NKOK, Lastourville) et l’amélioration de l’outil de travail, notamment l’acquisition d’une nouvelle application afin de faciliter les transactions.

S’agissant de la dette, on assiste à un relèvement de son volume du fait de l’introduction de la dette liée au fonctionnement.

Aussi, cette transparence dans le traitement de la dette a induit un taux d’endettement de 59%. Ce taux interpelle, car exposant le pays en cas de chocs extérieurs. Toutefois, il reste en dessous des critères définis par la directive CEMAC qui est de 70%.

Ainsi, en 2017, pour un service de la dette de 778 milliards de FCFA, le règlement effectif a été de 760 milliards, dont 290 milliards au titre du règlement de la dette intérieure.

Du côté de l’assistance, les préoccupations soulevées par une dizaine de personnes ont essentiellement porté sur :

  • la définition d’une périodicité dans le paiement de la dette intérieure ;
  • la publication de la liste des bénéficiaires ;
  • la problématique des performances du secteur hors pétrole.

Selon le Directeur Général de la Dette, les retards de paiement de la dette sont consécutifs aux de tensions de trésorerie entrainées par la contraction des recettes pétrolières ; au regard de la part encore significative desdites recettes dans le budget général de l’Etat.

Concernant l’accès public aux données sur la dette, Monsieur Hugues MBADINGA MADIYA a précisé que la publication du montant de la dette payée par le Gouvernement gabonais est disponible sur le site du FMI. Toutefois, compte tenu de son caractère sensible et privé, il est difficile de rendre publique la liste des créanciers privés désintéressés.

Il est à noter que des éclairages aux préoccupations des opérateurs économiques ont été apportés aussi bien par le Ministre de l’Economie que par les Ministres des PME et de l’Emploi.

En conclusion, le professeur Jean Jacques EKOMIE a fait la synthèse de la journée en accentuant son propos sur la dette et surtout sur le non-respect des engagements de l’Etat. Pour sa part, la confiance ne peut être restaurée sans un dialogue franc entre les opérateurs économiques et l’Administration.

Dans son mot de clôture, le Ministre, après avoir remercié l’assistance, a souhaité que les  opérateurs économiques soient plus nombreux à la prochaine édition.

La Journée Economique, édition 2018, s’est achevée à 16h15.

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